Regards d’experts

Le 21 Décembre 2025, nous avons enregistré un podcast avec Heather A. Warfield Ph.D.

« Between the lines » est la version Anglaise de Entre les lignes, traduite par la petite fille de Charles, Sophie Amoros. Le témoignage de Charles intéresse tout particulièrement le public Américain, car il y est fait mention de la bataille de Bois Belleau. Bois Belleau est la bataille emblématique de la fondation du corps des US Marine et la première bataille sur le territoire Français de troupes Américaines. Peu de témoignages du côté Allemand ont été publiés sur cette bataille.

Yann Prouillet, historien, 2021

Crid 14-18 : Bier, Charles (1898-1977)

… cas relativement rare dans la littérature testimoniale de ces Reichlander sous l’uniforme allemand, il met en avant l’amitié profonde qu’il noue avec Isabelle, jeune veuve de 2 ans son aînée. Il est évident que les souvenirs de Charles ont un double but politique ; démontrer son pacifisme et s’inscrire dans le paradigme des enrôlés de force alsaciens-lorrains qui ont gardé leurs sentiments francophiles malgré 44 ans d’annexion. Charles s’en explique ouvertement ou de manière plus subliminale. Lors de sa visite à la femme de son capitaine protecteur, le messin Landberger, celle-ci lui demande : « Mon mari est-il bien vu par la population ? ». Plus loin, il décrit Metz où les habitants « parlaient en sourdine le français ou le patois régional ». Il fera toutefois une concession au militarisme à l’issue de la cérémonie funèbre des victimes du bombardement de la gare de Laon : « Le garde à vous et la présentation des armes furent si impeccables que cela me réconcilia avec la discipline » (p. 88). –> texte intégral.

Philippe Wille, historien, écrivain, 29 septembre 2019

Les mémoires de Charles sont différentes, elles sont humanistes. Il est pourtant des terribles combats de fin 1917 aux environs de Verdun où il est blessé. En 1918, il est présent en Argonne, sur le Chemin des Dames, au Bois Belleau, Charles consigne parfois en détail les combats, les assauts, la mort et la souffrance vécue tel le décrit Ernst Jünger dans ‘Orages d’acier’ ou dans ses carnets de guerre. A vrai dire, les mémoires de Charles sont réellement dans la lignée d’autres écrivains combattants de l’Empire, comme Erich Maria Remarque ‘A l’Ouest rien de nouveau’ ou d’un autre compatriote Alsacien-Lorrain Dominique Richert ‘Cahiers d’un survivant’. Des œuvres qui dénoncent les méfaits de la guerre.
Une publication qui trouble et qui a le mérite de troubler l’ordre établi. Un style adopté qui donne lieu à des trouvailles surprenantes et toujours amusantes « C’est étrange comme vous parlez bien le français ! » s’exclame une dame à Charles. « Ne vous y trompez pas, j’en suis un de chair et de cœur. » répond Charles. Pour lui, La guerre lui apprend donc à ne jamais censurer ses sentiments car c’est sur un des lieux du grand carnage que Charles connaitra l’amour, son premier amour non loin du Chemin des Dames ! –> texte intégral.

Charles Bier est référencé au sein du CRID 14-18 (Collectif de recherche international et de débat sur la guerre de 1914-1918), dans la section consacrée aux témoins et soldats écrivains.